Monthly Archives: octobre 2013

Data journalisme, premiers pas

Ça commence comme ça…

Ça commence comme ça…

Tu crains les chiffres ? Les tableurs ? Tu ne sais plus comment on fait un pourcentage ? Tes souvenirs de maths remontent à 2 + 2 = 4 ?
Alors continue à lire, tu n’auras même pas peur !

Cette entrée en matière mathématique va me servir à te raconter mon premier cours de journalisme de données (ou data journalism pour les anglophones, simplement aussi abrégé DDJ, data-driven journalism). Pour nous accompagner sur le chemin des données, nous avons la chance, à l’AJM, d’avoir pour une semaine un prof de pointe, Nicolas Kayser-Bril (@nicolaskb), co-fondateur de Journalism++, ancien d’Owni.fr (on va s’arrêter là pour les références, hein?).

Une définition pour commencer :

Le journalisme de données, c’est mettre en forme des données afin de pouvoir les comprendre. Cela s’étend aussi au fait de pouvoir collecter soi-même des données et créer des outils pour les présenter.

Ce qui m’amène à une deuxième définition :

Une donnée est une information chiffrée. Prise de manière isolée et pour elle-même, elle est inintelligible et ne peut pas être comprise sans son contexte (d’autres données qui ont un lien avec la première). Les données peuvent provenir de sources variées: instituts de statistiques, communications officielles, budgets, rapports d’activités…
Voilà pour les premiers pas. Je vais te donner trois exemples de ce que le journalisme de données peut permettre de faire.
  1. Offshore leaks : Imagine, tu es journaliste et tu reçois un beau matin un disque dur dans ta boîte aux lettres. 260 Go de données bancaires, rien que pour toi. Tu te mets au boulot, tu demandes l’aide de spécialistes pour décrypter les données, pour les sécuriser, tu travailles avec un ordi neuf, sans connexion internet. Ensuite, « y a plus qu’à » faire des analyses de réseaux pour voir qui a planqué quelle somme et où. Une fois que tu as des pistes, hop, un petit coup d’investigation, et l’affaire est dans le sac et tu peux sortir des articles (bon, avec l’aide de pas mal de monde de divers domaines, d’autres journalistes et d’une année et demi de travail quand même).
  2. Une carte des revenus des bourgmestres : Là, on change d’échelle. Tu es toujours journaliste, mais dans une rédaction régionale en Belgique. Curieux comme tu es, tu veux savoir combien les bourgmestres gagnent grâce à leurs différents mandats. Tu grattes, tu collectes des données, tu les mets en forme et tu fais une jolie petite carte qui montre les disparités et un classement. Tout ça fait du bruit et fait bouger les choses.
  3. Les tarifs des médecins en France : Un nouveau changement de pays plus tard, te voilà journaliste en France. Les prix des remboursements sont fixés par la Sécurité sociale, mais il est possible pour les médecins de fixer des honoraires plus élevés. Tous les tarifs sont disponibles en ligne. « Il n’y a qu’à » les aspirer, les localiser sur une carte, à la travailler un peu. Puis à écrire un article. Boum, c’est fait.

Là, tu as une meilleure idée de quoi on parle ? Dans le prochain article, on parlera d’outils pour te permettre de journalismer de données depuis ton salon ou ton train.

Tu as des exemples idéaux, LA grande enquête qui mériterait d’être mentionnée?

Académiquement vôtre

UniMail, Neuchâtel.

Aujourd’hui, c’est le grand jour. Le retour à l’université, murs quittés depuis fin mai. Bon, d’accord, c’est pas comme à l’école primaire. Je n’ai pas été chez le coiffeur hier, mis

mes souliers neufs et mon pantalon du dimanche. Mes parents ne m’ont pas pris en photo quand je suis parti de la maison ce matin (d’ailleurs, il faisait encore nuit), j’ai pris le train tout seul comme un grand jusqu’à Neuchâtel.

Le grand jour, le sujet, le leitmotiv du jour, c’est LE mémoire de master. Ce travail qui clôturera deux ans d’études intenses (enfin ça dépend des semaines). Un moment sérieux, quoi. Pas du boulot à la petite semaine, un truc vite griffonné en 5 minutes sur un coin de table. Non, un véritable travail académique qui doit réussir à concilier approche académique (scientifique, donc) avec approche pratique, pour rendre justice à la formation, à cheval entre les deux mondes, offerte par l’Académie du journalisme de l’Université de Neuchâtel.
Comme ça, au vu de la présentation du matin, il va s’agir de s’emparer (avec succès de préférence) d’un sujetet d’y travailler avec enthousiasme, cherchant une problématique originale et développant des questions de recherche bien fichues, faire quelque chose qui dépasse les évidences et fait avancer le schmilblick.

Mon idée, là maintenant, c’est le journalisme de données. Parce que ça m’intéresse, que ça me semble être un moyen d’employer des nouvelles sources et de pouvoir ainsi faire un travail journalistique pour mettre à disposition des lecteurs des données inexploitables sans effort.
Profession de foi, peut-être, mais que j’ai envie de mettre à l’épreuve! Je vais certainement vous en reparler bientôt.

Lombric

Photo Michael Linnenbach, CC-BY-SA-3.0, via Wikimedia Commons

Comme une envie de faire dans la définition absurde. Pour aujourd’hui, sous le titre « lombric », j’ai envie de te décrire une charmante bestiole. Attachante (au moins plus qu’un LOL-cat ou qu’un poney rose fluo).

Et bien, le lombric, je vais te dire comment je le vois, quand j’en croise un. Un espèce de long tube, dont tu ne distingues pas la tête de l’autre extrémité (à moins d’être lombricologue diplômé d’une célèbre université palombienne, ce que je ne prétends pas être), qui se tortille de manière plus ou moins charmante (ou charmeuse, c’est selon), qui a l’air tellement con doté d’une intelligence sans pareil. Le lombric, il y a un moment, un seul, où il te paraît utile. C’est quand il sort de la motte de terre que tu viens de retourner dans le jardin de ta chère maman (oui, c’est aussi un peu mon terroir). Là, ébloui par les rayons de l’astre autour duquel nous tournons à longueur d’année, il semble te dire « Eh, salut ! On est un peu du même monde, celui des retourneurs de terre. Tu pourrais même faire comme moi, la manger, tu verrais comme c’est bon. »  Là, tu te dis que tu n’as rien inventé, avec ta triandine ou ton fossoir. Bon, certes, vous ne travaillez pas à la même échelle ni à la même vitesse et en plus il râle moins que toi pour labourer le carreau de légumes maternel à la fin de l’été, mais à ce moment-là, vous êtes les deux les pieds (ou pas) dans la terre lourde de l’humidité accumulée de l’automne. Et paf. Tu as un copain auquel tu ne t’y attendais pas.

Bref, pour poursuivre et retrouver le fil de mon billet (faudrait voir pour ne pas trop digresser, autrement, c’est le chenit), le lombric, ce charmant annélide fouisseur (merci OuiQuiPédia), est très efficace pour enrichir et aérer la terre. Il faut bien lui rendre ça, parce qu’en termes d’esthétisme, on peut mieux faire. La carrosserie a l’air bien faite pour le boulot à fournir, mais ça aurait mérité un coup de tuning, des jolies couleurs, un peu de chromes, du métallisé. Un lombric habillé comme un scarabée, ça serait plus joli, non ?

Ce billet était un billet scientifique. Mais comme j’ai pas pu m’inscrire à l’université nationale populaire de Palombie, je suis pas sûr que j’ai tout bien compris.

[Et le lombric, il a aussi un blog où il se moque du bonhomme, les pieds dans la boue, qui veut pas goûter cette bonne terre avec la bouche, comme tout le monde?]

Terroir

20131017-115009.jpg

C’est quoi le terroir?
C’est cette terre humide, un peu lourde qui te colle aux chaussures quand tu sors des sentiers battus, qui sent de préférence l’humus, un peu la crotte de chèvre et le champignon?
C’est ce sol caillouteux, fait de gravier, de terre sablonneuse, avec trois ou quatre brins d’herbe qui en sortent entre les pieds de vigne du grand-père?
C’est le goudron des rues de la ville, un peu gluant en plein été, qui remplit l’air de son odeur si particulière après l’averse, qui est poussiéreux quand il n’a pas plu depuis plusieurs semaines (oui, ça arrive, parfois)?

Et mon terroir dans tout ça?
Funambuline m’a invité à participer au #5shotchallenge sur Instagram la semaine passée. Le but est simple, cinq images avec un thème imposé en cinq jours. Elle voulait voir du #terroir, elle en a eu (et avec ce billet, elle en aura encore)!
Mon terroir, c’est quoi? Ben c’est tout de même un peu une histoire de terre. Je ne suis pas une (belle) plante, je n’ai pas de vraies racines qui se plantent dans le sol et me nourrissent. Par contre, je m’enracine dans le terroir où je suis né, j’aime ma (petite) ville, urbaine et campagnarde à la fois, Aigle. J’aime le paysage, les Dents du Midi, les coteaux, le quartier du Château, marcher le long de la Grande Eau. Je m’y sens bien, je suis content d’y rentrer après un long voyage. Mais je m’éloigne du terroir.

Marche, vigne.
Quand Funambuline m’a défié sur le terroir, j’ai tout de suite pensé à la vigne, automne oblige. Je me suis dit qu’un des éléments constitutifs de mon terroir, c’est les vignobles qui marquent le paysage d’Aigle. Les premières années de ma vie, je les ai passées dans une maison vigneronne. Sur une vieille photo, on me voit avec le petit-fils des propriétaires en train de jouer à travailler la vigne. À un an.
Depuis lors, j’ai appris (bon, pas tout de suite, hein) à apprécier le vin, à découvrir les goûts, les caractéristiques et les spécificités des appellations (encore une histoire de terroir là-dessous) et des cépages. Pour arriver jusqu’au vin, y a du boulot, parfois ingrat, tributaire de la météo, des maladies. Mais c’est aussi une histoire d’artisans, de créateurs, d’amoureux de leur terroir et de leur travail. J’ai envie d’aller les rencontrer et de vous le raconter.
Les terrasses et les chemins viticoles, c’est aussi chouette pour s’y balader. L’autre jour, j’ai donc profité du soleil d’automne, qui te réchauffe encore agréablement. Ça sentait bon, un peu de feuille sèche, un soupçon d’air frais, une note terreuse et le raisin encore un tout petit peu vert. Je suis allé marcher et faire des photos. Ça a donné pêle-mêle du raisin, des murs, des courges, des maisons, une porte de clos, des fontaines. Mon terroir, quoi.
Et je n’ai pas réussi à me limiter à cinq photos.
Vous avez donc mon #5shotchallenge et quelques autres clichés.

Un café pour la route

20131013-135022.jpgC’est dimanche, tu sais, ce jour où le temps se modifie, te donne l’impression de s’étirer.
Certains de ces jours particuliers, tu te décides, plein d’enthousiasme, de te lever tôt, de profiter du beau temps d’octobre pour aller te balader (ça, c’est quand il fait beau, vraiment beau). Et d’autres fois, tu profites. De traîner au lit. De faire un brunch. De lire sur ton canapé, avec le chat sur les genoux. De te faire un café.
Non, pas un Nespresso, pas en appuyant sur un bouton, 19 secondes d’attente pour que ça chauffe, un deuxième bouton, 8 secondes pour que le ristretto soit prêt, une demi minute pour le boire.
Se faire un café, c’est prendre ta cafetière italienne. La remplir d’eau fraîche, de café moulu. Italien le café moulu, hein, on ne rigole pas avec ces choses-là. Bien fermer la cafetière, la poser sur la plaque, feu doux. Attendre qu’elle chante. Qu’elle chante « ton café est prêt. Déguste, il sera bon! ».

Juste le temps pour un billet de blog. Quel timing, je vous jure. Je vous laisse, ça chante.

Chat fier

20131009-080036.jpgSalut! Moi, c’est le Tigre d’appartement, le traumatisme vivant de toutes les mouches du quartier. Elles osent me réveiller parfois, je fais la tête que tu vois là, maintenant. Mais après, ça ne rigole pas. Ça ne rigole plus, devrais-je dire. Parce qu’elles n’ont qu’à bien se tenir. Haut, de préférence, parce qu’autrement, croque, croque, croque. Et tout est fini. Je n’ai plus qu’à redormir jusqu’à la suivante. Pour digérer, reprendre des forces et pouvoir me réjouir du casse-croûte suivant.