Monthly Archives: novembre 2013

Le locavorisme, ça coûte…

Photo par xdebx, Flickr, CC-By-NC

Photo par xdebx, Flickr, CC-By-NC

Ce matin, j’ai envie de te parler de locavorisme. Cette nouvelle mode (enfin, ce retour à ce qui s’est fait depuis longtemps, longtemps, longtemps) a un prix, c’est sûr. Je m’explique en quatre exemples, ce sera plus clair. Continue reading

Data journalisme, deuxièmes pas

Après les premiers pas, place à la suite de mon parcours en journalisme de données.

Arrêtons-nous un petit moment sur les outils promis pour faire du data journalisme depuis ton canapé ou dans le train. Ce sont les premiers outils que j’utilise depuis maintenant une semaine, ce ne sont certainement pas les seuls, ni forcément les plus performants. Leur avantage  pour l’instant: ils sont disponibles sur le net, ne nécessitent pas d’achat (pour les versions de base, suffisantes pour débuter) et ils sont d’une utilisation assez intuitive.

  • Google Spreadsheet : la solution de tableur online (et gratuite) de Google. Ses fonctionnalités de tri et les formules à disposition permettent d’ordonner des séries de données, de les éditer si nécessaire (voir l’outil 2) aussi). L’outil de mise en forme conditionnelle permet de mettre en évidence des données particulières, par nom, par nombre ou autre.
  • Open Refine : tu as des données mal ordonnées, pas tout à fait au point, peut-être compliquées? Open Refine te permettra d’en tirer tout de même quelque chose, en nettoyant ta base de données, grâce aux filtres ou aux « text facet » qui permettent de sélectionner une partie des données
  • Datawrapper : une fois que ta base de données est propre, plusieurs solutions s’offrent à toi. Les solutions de graphiques interactifs de Datawrapper sont aisés d’utilisation, facilement intégrables sur un site web et permettent plusieurs types de personnalisation. Au fil, tu as des graphes simples, efficaces, interactifs et bien foutus. Ça vaut vraiment le coup d’essayer.

 

    • Infogr.am : là, c’est plus l’option gadget, avec plein de layouts différents, qui te permettent de faire à la fois des graphes ou des petites infographies. C’est relativement intuitif, très coloré, ça fait des images qui habillent ta page,  mais les graphiques ou infographies produits sont difficilement personnalisables dans les réglages fins. À essayer avec modération, donc.

  • CartoDB : quand tu veux représenter tes données sur une carte, ça peut être utile. La version gratuite permet jusqu’à 5 cartes différentes, mais qui ne doivent pas dépasser en tout 5Mo. A ne pas perdre de vue au moment de choisir cet outil ! Après quelques petites manipulations simples, il est possible de créer des cartes qui affichent des points. En combinaison avec QGIS, tu peux aussi créer des cartes chorplèthes (tu sais, les jolies cartes qui affichent les données sous la forme de surfaces de couleurs selon par exemple le nombre de Suisses dans chaque pays du monde).

D’autres outils que Nicolas m’a suggéré, mais que je n’ai pas eu l’occasion de tester, ainsi que deux lectures utiles :

Aigle, pour un centre dur (ou pas)

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Nous voulons des bagnoles. Partout. Devant nos commerces. Derrière, à coté. Partout. Parce que la bagnole, c’est le progrès, c’est la vie, c’est le commerce. Aux oubliettes, le train. Il nous embête, il passe juste devant chez nous, il empêche de mettre des places de parc supplémentaires. Un parking sur plusieurs niveaux, ce n’est pas le progrès. Non, vive l’étalement urbain. On a de la place, Messieurs-Dames.
Virons le train, encore plus de parking et la cité grandira. Nos commerces se développeront, nous survivrons. Nous, les défenseurs du centre dur, du centre de la bagnole. Le piéton, c’est le mal, remplaçons-le par des automobilistes!

C’est pour ça que le 24 novembre, je voterai NON à un centre mou à Aigle.

Non, il faut que je me réveille. Toi aussi, réveille-toi! Viens, je t’emmène faire un tour dans un autre monde. Dans un monde où Aigle prend un vrai virage, celui d’un centre DOUX, là où le piéton sera roi, là où il pourra marcher dans des rues remplies de nouveaux commerces, là où il n’aura plus besoin d’aller à Martigny, à Sion, à Morges ou à Vevey pour faire ses courses.
Certes, c’est risqué, certes, ça a un coût, certes les travaux seront pénibles, mais ils sont nécessaires: l’Office fédéral des transports n’a pas une patience infinie, les canalisations sont d’un autre âge. Saluons plutôt le travail de la Municipalité, sa vision proactive, tournée vers le futur, abandonnant résolument les visions des années 1960 (et c’est bien le moment!).
C’est pour cela que je voterai OUI à un centre doux le 24 novembre. J’aime Aigle, et je l’aimerai encore plus ainsi!

Pour plus d’infos, le site de la Municipalité sur le projet, celui du comité de soutien et celui des opposants.

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Où sont les Suisses dans le monde ?


L’année dernière, 12’072 Suisses ont décidé de partir vivre ailleurs que sur terre helvétique. Ils sont aujourd’hui plus de 715’000 à avoir élu domicile à l’étranger… Soit presque la population du Canton de Vaud. Sur les 8 millions de Suisses que compte le pays, ils sont donc un peu moins de 10% à former ce qu’on appelle communément «La Cinquième Suisse».

Mais quelles sont les raisons qui poussent ces Suisses à quitter le pays ?

Voici le top 5 des pays préférés des émigrés helvètes et celui des nations qui en ont accueilli le plus lors de ces 10 dernières années.

La porte à côté, une dolce vita?

Europe_Graphique1_CBiPartir pour une vie meilleure oui,mais pas trop loin quand même. Les plus grandes communautés des Suisses de l’étranger – 68% de la Cinquième Suisse – se trouvent en effet en Europe. Au sommet, trois voisins directs : La France, l’Allemagne et l’Italie.

Un rythme quotidien plus souple, un coût de la vie moins cher, une culture plus dynamique, les émigrés suisses en Europe, pour plus de la moitié actifs (entre 18 et 65 ans) trouvent en ces trois pays un climat social plus attractif. Le marché immobilier et les perspectives professionnelles sont cités pour l’Allemagne. La nourriture et les qualités humaines pour l’Italie.

De nombreux étudiants ont également décidé de partir dans les pays limitrophes pour leurs études, à l’image de Virginie, 30 ans et domiciliée à Paris. « J’ai pu y suivre une filière artistique qui n’existait pas en Suisse ». Et pourquoi ne pas être partie dans une contrée plus lointaine ? « Pour avoir la possibilité de rentrer régulièrement », confie la jeune femme.

En Amérique du Nord, l’innovation et les grands espaces

Amérique du Nord - Graphique 2Derrière les pays proches, il y a l’Amérique du Nord qui, entre les USA et le Canada, compte 115’189 ressortissants helvétiques.

«Quand on me demande pourquoi j’ai quitté la Suisse, je préfère répondre pourquoi je suis ici, à San Francisco», explique Yves Behar à la Tribune de Genève. Attiré comme sûrement tant d’autres par la Silicon Valley, le designer suisse a pu imaginer et construire son entreprise aux Etats-Unis, «parce qu’en Suisse, cela aurait été impossible.» Terre d’innovation et de technologie, les Etats-Unis plaisent aussi pour leur système éducatif (bien que coûteux) et leur soutien à la production cinématographique.

Et pour les amateurs de grands espaces, de forêts, du froid…le Canada.

Les Suisses Romands se rappellent peut-être du documentaire de la Radio Télévision Suisse la saga de la famille Perrochon, une famille d’agriculteur de Cheseaux (VD) qui a émigré au Canada dans les années 1970 pour trouver une terre plus grande et pouvoir continuer à travailler. L’agriculture a mené bien des expatriés suisses dans toute l’Amérique. Aujourd’hui c’est aussi pour tout son secteur tertiaire que les gens viennent y vivre, ou encore pour réaliser le rêve de commencer une autre vie, plus proche de la nature.

L’Asie et le Moyen-Orient, des régions qui montent

Asie

Envie de quitter la Suisse l’an prochain? Faites donc comme tous ces gens actifs qui partent aux Emirats Arabes Unis ou à Singapour, allez augmenter la population résidente suisse sur place! Les forts taux de croissance de ces pays sont liés aux activités commerciales, banques ou autres assurances, qui attirent les expats. Vous pourrez faire comme eux et prendre vos enfants avec vous. Dans ces deux pays, la communauté suisse est formée de 63% de gens entre 18 et 65 ans et de 34% d’enfants.

En Thaïlande, on retrouve aussi de nombreuses personnes âgées: plus de 1600 Suisses de plus de 65 ans sont inscrites auprès du consulat de Bangkok. De manière générale, les chiffres du DFAE montrent que de nombreux retraités quittent le pays pour profiter du soleil, au bord de la Méditerranée ou sur des plages plus lointaines!

Back to the Balkans

BalkansL’éclatement de la Yougoslavie en 1992, tu te souviens? Les images de guerre, les populations déplacées, les réfugiés en Suisse? Certains sont restés, se sont intégrés. Les enfants ont grandi, sont allés à l’école en Suisse. Une partie de ces arrivants a été naturalisée. Avec le temps, le retour dans leur pays d’origine est devenu envisageable : entre 2002 et 2012, près de 1000 Suisses se sont installés en Serbie, quasiment tous des bi-nationaux.

En Croatie, autre pays issu de l’éclatement de la Yougoslavie, ce sont près de 750 Suisses, là aussi souvent bi-nationaux qui sont inscrits auprès du consulat.

Contrairement à l’Asie, ce n’est donc pas le boum économique qui explique cette immigration, mais plutôt un retour aux racines.

Et tout ça, ça sort d’où? 

  • Les chiffres viennent des statistiques annuelles du DFAE et agrègent l’ensemble des données collectées par les consulats suisses dans le monde. Thomas Kalau, Chef suppléant de l’unité Relations avec les Suisses de l’étranger auprès du DFAE précise que même s’il est obligatoire de s’inscrire auprès des consulats lorsqu’on séjourne plus d’une année dans un pays, 5 à 10% des Suisses à l’étranger ne seraient pas répertoriés.
  • Pour en savoir plus sur la Cinquième Suisse, le rapport « Die Fünfte Schweiz: Auswanderung und Auslandschweizergemeinschaft » de Silvia Schönenberger et Denise Efionayi-Mäder, du Swiss Forum for Migration and Population Studies.
  • Le numéro 18 de Terra Cognita, la revue suisse de l’intégration et de la migration, apporte un autre regard sur la problématique de l’émigration suisse dans le temps.
  • La carte a été réalisée à l’aide de QGIS et de CartoDB, les graphiques à l’aide de DataWrapper.

Cet article a été écrit durant un cours de datajournalisme, donné par Nicolas Kayser Bril à l’Académie du Journalisme et des Médias de l’Université de Neuchâtel.