Le locavorisme, ça coûte…

By | 10 novembre 2013
Photo par xdebx, Flickr, CC-By-NC

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Ce matin, j’ai envie de te parler de locavorisme. Cette nouvelle mode (enfin, ce retour à ce qui s’est fait depuis longtemps, longtemps, longtemps) a un prix, c’est sûr. Je m’explique en quatre exemples, ce sera plus clair.

1) Ça coûte, parce qu’il faut savoir ce que tu veux manger. Et surtout connaître un minimum les produits que tu veux commander au magasin ou au marché. Autrement, ce sera dur d’être un locavore crédible. Tu veux un exemple? Le voilà: N’oublie jamais, jamais, jamais que quand tu vas chez ton fromager, tu passes pour un con débutant, bobo de préférence, quand tu demandes un vacherin Mont-d’Or « local, hein, parce que c’est important ». Et là, c’est le drame… T’as déjà vu un vacherin Mont-d’Or qui vient d’Espagne ou de Pologne, toi?

(Un conseil, encore, si tu es un locavore-bobo débutant. Arrange-toi pour ne pas fréquenter le fromager préféré de Funambuline en même temps qu’elle, autrement, ça donne ça:

puis ça:

et enfin ça:

Sans commentaire…

2) Ça coûte, parce qu’il faut affronter les conditions météo. Comme un vrai. Parce qu’en Suisse romande, il n’y a pas (à ma connaissance) beaucoup de marchés couverts. Pas des supermarchés, qui ceux-ci sont amplement couverts, non, des marchés avec des maraîchers qui viennent de près de chez toi, avec des légumes parfois difformes, pas tout à fait calibrés, des tomates qui ne sont pas rouge vif, mais qui ont du goût. Et l’accent. C’est important aussi, l’accent de ton maraîcher (je sais de quoi je cause, le mien est Valaisan). C’est un joli certificat de localisme aussi.

Ce matin, j’ai repéré Fabienne qui partait au marché. Ça a commencé comme ça:

et ça a fini par des photos de légumes qui te donnent envie de croquer dedans sur Instagram. Un lever matinal qui en valait la peine, donc.

3) Ça coûte, parce qu’il faut avoir un réseau. C’est important le réseau. À plusieurs titres. Les deux exemples qui suivent ne le prouveront jamais assez.

Hier, j’ai surpris Mademoiselle Cassis qui parlait de groseilles de Chine, ce délicieux fruit que l’on a renommé « kiwi » pour cause de guerre froide pour faciliter son exportation aux Z’Uèsses. Mademoiselle Cassis, donc, faisait remarquer qu’à la grande surface orange, on trouvait de charmants kiwis chiliens et néo-zélandais (le goût de l’exotisme, Messieurs-Dames, le goût de l’exotisme…) alors qu’elle avait la chance d’avoir des kiwis lausannois, du jardin de sa grand-maman qui plus est, dans sa cuisine. Le locavorisme, ça a un coût. Il faut avoir un réseau hyper-local pour profiter de fruits frais qui n’ont pas parcouru des milliers de kilomètres.

4) Enfin, le dernier exemple coûte aussi. Un petit peu plus cher, mais c’est encore une fois une histoire de réseau efficace. Jeudi soir, Shalf se dit que quelques jours à Barcelone en novembre, ça serait une chouette idée. Histoire d’oublier la grisaille lausannoise (l’excuse sous-jacente). Mais surtout pour développer son réseau, pour réfléchir sur le Coworking (promis, il vous fera bientôt un billet là-dessus sur son blog), pour rencontrer plein de gens cools. Résultat, il monte un projet de sponsoring grâce à son réseau d’amis des Zinterweb pour financer son déplacement. En trois jours. Et sa meilleure excuse, dans tout ça, qui justifie cet exemple, c’est qu’il se réjouit d’aller manger des tapas à Barcelone. Bel exemple de locavorisme qu’il en est!

6 thoughts on “Le locavorisme, ça coûte…

  1. funambuline

    Je suis une horrible personne, c’est vrai :-)

    Mais sinon, par rapport au titre de ton article, le locavorisme ça coûte en énergie (se lever, chercher le bon produit par forcément dans la Migroop la plus proche de chez toi…) et en connaissance (saisonnalité des produits, repérage des producteurs, …), mais par contre, ça coûte moins cher à ton budget !!! Quand c’est local et de saison, en général tu manges mieux parce que c’est plus sain, qu’il y a plus de goût, que c’est plus varié (ça change souvent, forcément) ET que c’est moins cher !

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    1. Eric Butticaz Post author

      Je suis pleinement d’accord qu’au final, les avantages du locavorisme dépassent (et de loin!) ses inconvénients. Je n’ai pas parlé de goût, de sainteté et de prix par flemme et par envie de manier l’ironie! Ce qui n’exclut pas que dans un avenir plus ou moins proche, j’en reparle…

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  2. mlle-cassis

    Le locavorisme, ça coûte… un peu, mais surtout ça rapporte beaucoup! (cette liste-là comporterait beaucoup plus que 4 points) :)

    Et puis, comme on aime bien à le penser sur ce (attention auto-promo gratuite) merveilleux blog local et de saison à base de philisophie kaizen: c’est le premier pas qui coûte, après ça va tout seul (surtout si ça descend)(hum) (http://lepremierpas.overblog.com/)

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  3. Martin Grandjean

    Sérieusement, si on critique les bobos locavores, il n’y aura plus beaucoup de locavores… (parce que je ne crois pas qu’une seule des personnes citées dans ce post – et je m’ajoute à cette liste – ne soit un bobo aux yeux de quelqu’un).

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    1. funambuline

      Martin : d’où mon tweet qui critique « les bobos NOUVEAUX locavores » qui sont surtout bobos et pas locavores pour un sous, car l’effort de connaissance, ils ne l’ont pas fait. Leur stand suivant, après le « mont d’or local » c’était un maraîcher qui importe tout d’Italie, Egypte voire même Afrique du Sud si l’on en croit les cartons.

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